Démolition à Belle-vue : des citoyens crient à l’injustice, le président du quartier apporte des précisions

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    Les travaux de démolition de la rue 529 du quartier Belle-vue école, dans la commune de Dixinn se sont déroulés dans la matinée du mardi, 19 mai en présence des autorités du quartier et des agents des forces de l’ordre.

     

    Selon les informations recueillies sur place, plusieurs familles ont été touchées. C’est le cas de madame Bountouraby Soumah qui affirme avoir perdu assez de biens dans cette opération de démolition. A l’en croire, ladite démolition s’est passée de manière sauvage pour la simple raison que les citoyens du quartier n’ont pas été préalablement avertis d’une telle intervention de l’Etat.

     

    « Personne d’entre nous n’était informé qu’il allait avoir la démolition de ces endroits que nous occupons il y a plusieurs années. Ce n’est que mardi que nous avons vu les machines intervenir sous une forte surveillance des agents des forces de l’ordre. Mais nous accusons notre chef de quartier qui n’a pas joué son rôle dans cette affaire. Normalement, c’était au chef de quartier de nous tenir informer de l’arrivée de cette mission de démolition. La mission nous a surpris et beaucoup d’entre nous ont perdu des biens. Car, aucun de nous n’a eu le temps de faire sortir ses effets. Nous demandons au gouvernement de venir voir ce que cette démolition sauvage nous a causé comme malheur en ce mois béni de ramadan. Il faut que nos dirigeants apprennent à avoir pitié du bas peuple que nous sommes. Mais je le disais tantôt, nous accusons le chef de quartier qui n’a pas pu jouer son rôle », dit-elle.

    Interrogé, le président du conseil de quartier, Dio Diallo a rejeté en bloc toutes ces accusations contre sa personne. Avec preuve à l’appui (documents), il est revenu sur les différentes péripéties de cette affaire. Selon lui, les occupants de cette rue étaient bel et bien informés qu’il allait y avoir une action de démolition de toutes les occupations anarchiques.

     

    « Ça n’a pas débuté mardi et c’est un projet que le gouvernement guinéen a initié. Comme vous le savez, les communes peuvent soumettre les projets à l’Etat et l’Etat à son tour, négocie les financements. C’est ainsi que ce projet a été financé par l’Union européenne à travers le 11è FED pour le pavage de certaines rues de la capitale. Donc le choix est tombé sur notre quartier et nous avons bénéficié de trois rues à savoir les rues 512, 522 et 529 pour les travaux de pavage et en béton armé avec des caniveaux. Ce sont ces travaux que nous avons engagés depuis longtemps. Des réunions ont été convoquées et des sensibilisations ont été faites à tous les niveaux », précise-t-il.

     

    Poursuivant, il a tenu à mentionner : « Comme je vous le disais tout à l’heure, le financement est de l’Union européenne mais les travaux sont exécutés par ENABEL (Agence Belge pour le Développement). Donc tous les contrats ont été signés et ENABEL a donné le marché à une entreprise qu’on appelle RSCOM. Avant ça, une ONG qu’on appelle UDEG est restée dans le quartier pendant six mois pour sensibiliser les citoyens sur l’importance des ouvrages qu’on veut nous doter. Vous conviendrez avec moi que presque tous les quartiers de Conakry sont enclavés. Donc, c’est avec ces travaux -à qu’on peut désenclaver les quartiers et les secteurs pour que s’il y a des cas d’incendie ou de banditisme, pour que les forces de sécurité puissent intervenir rapidement. La rue dont-il est question est distante de 771 mètres linéaires. Quand l’entreprise a commencé la démolition, arrivé à un certain niveau, on nous dit, non, qu’il n’y a pas de route par là-bas. Alors que le schéma directeur indique que cette route existe depuis 1956. »

    Plus loin, il dira que ce sont des cadres de l’Habitat qui sont venus faire des marquages et que l’ordre de la présente démolition est venu du département en charge de la ville de l’aménagement du territoire (un ordre de mission signé du secrétaire général dudit Ministère).

     

    « Après le marquage, tous ces gens qui crient aujourd’hui ont été invités à la direction communale de l’Habitat de Dixinn pour permettre à ceux d’entre eux qui détiendraient des documents de venir les brandir. Aucun d’eux n’a montré un seul document. Si vous avez d’ailleurs bien remarqué, il n’y a pas de dégâts comme ils le disent. Ce sont des terrasses, des latrines et des puits qui ont été touchés par cette démolition. »

    Youssouf Keita

    +224 666 48 71 30

             

     

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