Labé : les mères des enfants morts dans l’explosion d’une grenade restent inconsolables

    0
    25

     

    Print Friendly, PDF & Email

    72 heures après le décès à Labé des quatre enfants dans le secteur Dionga, quartier Poreko, suite à l’explosion d’une grenade qu’ils auraient ramassée en brousse lors d’une partie de cueillette de fruits sauvages, les mères de ces défunts mineurs restent inconsolables depuis le drame. En témoigne la visite rendue ce mercredi 10 juin aux familles des disparus.

    Sur les derniers instants de son fils, cette ménagère ne tarit de mots pour nous relater ce qui suit : « Mon fils s’appelle Mamadou Binthè Diallo, il avait 5 ans et 8 mois, le drame s’est produit le dimanche vers 10 heures. Les victimes avaient toutes pris leur petit-déjeuner avant de sortir pour jouer. Au début, ils sont rentrés dans la cour pour jouer, je leur ai dit de sortir puisqu’il y avait beaucoup de soleil, et d’aller sous l’ombre pour jouer. Dix minutes après, qu’ils soient sortis, j’ai entendu l’explosion. Lorsque j’ai entendu le bruit de l’explosion, j’ai cru que ce sont les panneaux solaires, je suis entrée dans la maison mais j’ai trouvé que ce n’était pas ça. Je suis montée sur la dalle, immédiatement j’ai entendu les pleurs des gens, je suis allée voir à mon tour, mais les enfants étaient méconnaissables, j’ai tiré mon fils, je l’ai porté sur mon épaule. Entre-temps un conducteur de moto était arrivé, j’ai dit : ‘’celui-là est en train de mourir, il est d’ailleurs mort’’. Ils m’ont répondu qu’il n’est pas mort, quelqu’un a apporté de l’eau que nous avons versée sur lui, il a commencé à respirer de nouveau. Nous l’avons envoyé à l’hôpital, quelques minutes après, la Croix-Rouge a envoyé les trois autres, mais déjà ils étaient tous condamnés. Si tu avais entendu l’explosion, une personne qui est exposée à cela ne peut pas survivre. Moi, lorsque j’ai entendu le bruit j’ai cru que c’était la guerre », dit Dialikatou Barry.

    Mariama Oury Diallo, l’une des mères des victimes de renchérir en ces termes : « Moi, mon fils s’appelait Thierno Mamoudou Sow, il avait 11 ans et 3 mois. Moi, au moment du drame, j’étais chez mes parents. On m’a appelée au téléphone pour m’informer ce que nos enfants ont vécu. J’ai rappelé, ils m’ont dit qu’ils ont été envoyés à l’hôpital. Dès mon arrivée à l’hôpital, j’ai rencontré ceux qui faisaient sortir les cercueils de nos enfants, j’ai rebroussé chemin pour revenir à la maison. » 

    Interrogé sur les promesses des autorités communales de tout faire pour rechercher les responsables de ce drame et de les traduire devant la justice, les mères des victimes disent être pessimistes.

    « En Guinée, plusieurs crimes ont été commis mais les auteurs n’ont jamais été arrêtés à plus forte raison jugés. Moi je suis pessimiste, néanmoins je m’en remets à la volonté de Dieu. Comme les auteurs et nous-mêmes nous allons tous mourir, nous serons jugés devant Dieu », lance Dialikatou Barry.

    Dans le même sillage, Mariama Oury Diallo rebondit sur les propos de sa voisine « Moi aussi je suis pessimiste. Je m’en remets à Dieu, il va les faire payer à la hauteur de leurs actes, les auteurs de ces crimes. Nous demandons quand même aux autorités de trouver les propriétaires de ces grenades car c’est leur travail », demande-t-elle.

    A noter que les deux autres victimes vivaient avec leurs tutrices qui étaient absentes lors de notre visite. 

    Tidiane Diallo, correspondant régional à Labé

    620 44 25 83

     

    http://feedproxy.google.com/~r/Mediaguineeorg/~3/uBvydZd1VG0/


    Warning: A non-numeric value encountered in /htdocs/wp-content/themes/Gproges/includes/wp_booster/td_block.php on line 1008

    LEAVE A REPLY

    Please enter your comment!
    Please enter your name here