A l’instar des autres pays africains, la Guinée célébre demain dimanche 12 août 2025,La 8ème édition de la  journée Africaine de l’état civil, et celle de la décentralisation et du développement local sur l’ensemble des communes urbaines de la ville de Conakry.

Cette année, la journée est placée sous le thème « Le Registre National de l’état civil   (RNEC) comme fondement des infrastructures publiques numériques et des systèmes d’identité juridique numérique en Guinée »,  reflétant l’importance stratégique de l’enregistrement des faits d’état civil comme pilier central dans la construction d’écosystèmes numériques inclusifs, fiables et sécurisés qui garantissent que tous les individus sont visibles et capables d’accéder à leurs droits et services.

« Alors que nous célébrons la 8eme africaine du CRVS, nous devons réfléchir à l’engagement que nous avons pris à travers le Programme pour l’amélioration accélérée de l’enregistrement des faits d’état civil et de l’établissement des statistiques de l’état civil en Afrique (APAI-CRVS), établi suite à une résolution des Ministres Africains responsables de l’état civil lors de leur première conférence à Addis-Abeba, en Éthiopie, en août 2010. Ainsi, cette journée marque également les 15 ans de l’APAI-CRVS. La vision du programme a été « Tous visibles en Afrique » et cela reste d’actualité. Nous réaffirmons notre mission de faire de l’APAI-CRVS le fondement pour l’acquisition de l’identité juridique pour tous dès la naissance afin d’assurer la réalisation des droits humains et civils fondamentaux universels ; des prestations de services améliorées grâce à des systèmes interopérables ; et fournir une base solide pour une planification et des décisions éclairées et fondées sur des données probantes grâce à un système d’enregistrement des faits d’état civil et de statistiques de l’état civil efficace et complet.

Malgré des améliorations notables dans certains pays et régions au cours de la dernière décennie, les systèmes CRVS en Afrique restent en grande partie sous-optimaux, avec plusieurs pays ne parvenant toujours pas à enregistrer la majorité des évènements vitaux. Les facteurs contributifs incluent une mauvaise coordination institutionnelle, un sous-financement, des cadres juridiques obsolètes et l’instabilité politique. De plus, le manque d’interopérabilité avec les systèmes d’identification, de santé et de protection sociale limite l’efficacité des CRVS et compromet les efforts visant à améliorer la prestation de services et la gouvernance. Conscient de ces réalités, la récente réunion du Groupe d’Experts des Officiers Généraux de l’état civil et des Directeurs Généraux en Guinée équatoriale a fortement souligné l’urgence d’accélérer les progrès dans le renforcement des systèmes CRVS afin de respecter les engagements de l’Afrique à atteindre les objectifs de 2030 en matière d’identité juridique. Les délégués ont reconnu que les systèmes CRVS doivent être traités comme des infrastructures publiques essentielles à une gouvernance inclusive et à un développement fondé sur les droits. Pour lever ces obstacles systémiques, la réunion a approuvé l’interopérabilité, la décentralisation et la numérisation comme stratégies fondamentales pour la transformation des systèmes CRVS.

Dans la même veine, le thème de cette journée de 2025 souligne le rôle essentiel de l’enregistrement des faits l’état civil dans la mise en œuvre du programme d’Infrastructure Publique Numérique (IPN) grâce à la fourniture de données d’identité de base. Les systèmes d’identité juridique numérique, interopérables entre les secteurs, nécessitent des données d’état civil précises, actualisées et complètes. Les CRVS constituent l’épine dorsale de l’identité juridique et sont essentiels à la réalisation de la cible 16.9 des ODD : l’identité juridique pour tous, y compris l’enregistrement des naissances, d’ici 2030. Ce thème offre l’occasion de plaider en faveur de l’intégration de l’enregistrement des faits d’état civil dans les programmes nationaux de transformation numérique et souligne son rôle dans le développement de systèmes d’identité juridique numérique.

À cette occasion, les gouvernements et les partenaires à travers l’Afrique sont encouragés à :

Réaffirmer le rôle stratégique du CRVS dans les programmes nationaux de développement numérique.

Promouvoir les investissements dans des systèmes CRVS numériques inclusifs, résilients et interopérables.

Établir des cadres juridiques solides et des politiques de protection des données pour protéger les informations personnelles.

Promouvoir l’intégration entre les systèmes CRVS, de gestion de l’identité, de santé et de protection sociale.

Allouer un budget national durable et à long terme pour soutenir la transformation du CRVS alignée sur les trois stratégies d’accélération.

Poursuivre leurs efforts pour soutenir les plateformes clés de prise de décision, telles que la Conférence Ministérielle, en tant que mécanismes essentiels pour faire avancer le programme CRVS.

Alors que les pays africains œuvrent à la concrétisation de la vision de l’APAI-CRVS : « Tous visibles en Afrique », la Journée CRVS de cette année constitue un appel à l’action pour exploiter les systèmes CRVS en vue d’une transformation numérique inclusive. Les gouvernements, les partenaires de développement et les parties prenantes doivent unir leurs efforts pour garantir que personne ne soit laissé pour compte dans l’avenir numérique de l’Afrique.

C’est la huitième année consécutive que cet événement est célébré, comme un symbole de la volonté des gouvernements africains à lutter contre le « scandale de l’invisibilité » sur le continent. Cette constance témoigne de l’engagement des pays africains à réaliser la couverture universelle d’enregistrement de tous les 11 événements d’état civil.

La Journée africaine du CRVS a été instituée par la 32eme  session ordinaire du Conseil Exécutif de l’Union Africaine en 2018 afin de sensibiliser à l’importance des systèmes CRVS performants. Célébrer cette journée est également l’occasion d’exprimer son soutien aux engagements nationaux et régionaux visant à renforcer les systèmes CRVS et à accroître la coordination des parties prenantes afin d’optimiser les ressources disponibles.

Elle a pour objectifs: promouvoir la mutualisation des ressources pour un enregistrement gratuit, Universel, permanent, complet, obligatoire et confidentiel de tous les faits d’état civil ;

Encourager l’allocation de financements durables pour la digitalisation, la décentralisation et l’interopérabilité du système ;

Promouvoir l’interopérabilité du RNEC et du RNPP en vue de l’alimentation des autres systèmes connexes ;

Renforcer la coordination entre les acteurs nationaux (état civil, santé, justice, affaires religieuses, affaires étrangères etc.) et les partenaires techniques et financiers ;

Faire un Plaidoyer pour assurer une meilleure appropriation du processus de constitution du Registre National de l’Etat Civil ;

Capitaliser les acquis de la politique de décentralisation et de développement local ;

Expliquer les enjeux liés au processus de décentralisation ;

Réfléchir sur les perspectives à court, moyen et long terme de la politique de décentralisation et de développement local.

Nous y reviendrons »

Aboubacar Soumah 628 95 41 99