Les présidents de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone ont tenu à Conakry un sommet consacré à la sécurité et à la coopération le long de leurs frontières communes. À l’issue des travaux, les dirigeants ont réaffirmé leur volonté de préserver la paix, de renforcer la coopération sécuritaire et de consolider les relations de fraternité entre les pays membres de l’Union du fleuve Mano.

La rencontre a réuni le président guinéen Mamadi Doumbouya, le président libérien Joseph Boakai et le président sierra-léonais Julius Maada Bio. La Côte d’Ivoire a pris part aux travaux en qualité de pays observateur. Son président, Alassane Ouattara, empêché, était représenté par sa ministre des Affaires étrangères.

Selon le communiqué conjoint publié à l’issue du sommet, les chefs d’État ont examiné la situation sécuritaire dans les zones frontalières, marquée récemment par des incidents ayant provoqué des tensions entre certaines communautés vivant de part et d’autre des frontières. Les dirigeants ont exprimé leur inquiétude face à la multiplication des crises et des conflits dans le monde, dont les conséquences économiques, sécuritaires et humanitaires touchent particulièrement les pays en développement. Ils ont, à cet effet, réaffirmé leur attachement aux principes fondamentaux que sont la souveraineté des États, l’inviolabilité des frontières, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ainsi que le bon voisinage et la fraternité entre les peuples.

Mamadi Doumbouya et Joseph Boikai
Les trois pays se sont engagés à renforcer leur coopération en matière de sécurité afin de lutter contre l’insécurité transfrontalière, le terrorisme, la criminalité transnationale organisée et le trafic illicite.

Parmi les mesures annoncées figurent notamment :l’intensification des patrouilles conjointes aux frontières ; l’échange régulier de renseignements entre les services de sécurité ;

la mise en place de mécanismes de communication rapide entre autorités locales et forces de défense.

Les services chargés des questions frontalières ont également été instruits de se réunir dans les plus brefs délais afin de prévenir les incidents et de favoriser le dialogue entre les communautés vivant dans ces zones.

Dans le cadre du renforcement de la coopération régionale, les chefs d’État ont décidé de convoquer dans un délai d’un mois un sommet de l’Union du fleuve Mano.

L’objectif est de revitaliser cette organisation afin d’encourager un dialogue régulier sur les enjeux de paix, de sécurité et de développement. Les dirigeants ont également encouragé la poursuite des initiatives d’intégration économique, notamment dans les domaines du commerce, des infrastructures, de l’énergie, de l’environnement ainsi que de la libre circulation des personnes, des biens et des services.

À l’issue des travaux, les délégations ont exprimé leur gratitude au gouvernement et au peuple guinéens pour l’accueil chaleureux et l’organisation de ce sommet extraordinaire. Les participants se sont félicités de l’esprit de fraternité et d’ouverture qui a marqué l’ensemble des discussions, tout en réaffirmant leur volonté de poursuivre les échanges et les visites de travail entre leurs pays respectifs.

Le communiqué conjoint a été rendu public à Conakry le 16 mars 2026 par le ministère des Affaires étrangères et des Guinéens établis à l’étranger, dirigé par Morissanda Kouyaté.