Atrocités de 2009 : les versions des ministres de la Sécurité et de la Santé d’alors…

Atrocités de 2009 : les versions des ministres de la Sécurité et de la Santé d’alors…

CONAKRY-Ce sont des témoignages qui lèvent un autre coin du voile sur les exactions commises le 28 septembre 2009 au stade de Conakry. Il s’agit de ceux des anciens ministres de la Sécurité et de la Santé d’alors. Feu le Général Mamdouba Toto Camara et le Général Aboulaye Chérif Diaby. Alors que les audiences reprennent ce mardi 04 octobre 2022, Africaguinee.com vous propose ci-dessous leur version contenue dans l’ordonnance de de renvoi.

Mamadou Camara dit Toto 

Lors de son interrogatoire au fond, le Général Mamadou Camara dit Toto, ministre de la sécurité à l’époque des faits, déclare n’avoir participé à aucune réunion préparatoire relative au maintien de l’ordre à la veille du 28 septembre. Il explique qu’entre 6h et 8h il a été informé par le directeur national des services de police Valentin Haba du déroulement d’une manifestation au stade. Il s’est aussitôt rendu au domicile du Premier Ministre Lansana Komara puis est allé avec lui au Camp Alpha Yaya Diallo auprès de Moussa Dadis Camara. Ils ont essayé de le calmer. Il affirme avoir aussi quitté le camp pour retourner vers la ville.

Sur le chemin, il aurait constaté la présence de la police et aurait invité les policiers à ne pas faire usage de la force. Il affirme qu’aucun policier n’a été impliqué dans les violences commises au stade et que ses instructions ont été respectées.

Au moins 76 corps…à bord de camions militaires 

A 14h, il se serait rendu au Camp almamy Samory Touré où il a constaté la présence d’un camion militaire avec à son bord 22 corps. Plus tard à 17h, il a été informé de la présence de 3 camions stationnés à la résidence du feu Général Lansana Conté avec à leur bord 54 corps. Il déclare ce pendant ne rien savoir des personnes portées disparu ou de l’existence des fosses communes. Il déclare en outre avoir appris que Dadis Camara, Thiegboro, Toumba, Pivi et Abdoulaye Chérif Diaby sont impliqués dans la répression des manifestants.

Abdoulaye Chérif Diaby 

Abdoulaye Chérif Diaby ministre de la santé à l’époque des faits déclare avoir été appelé dans la matinée du 28 septembre 2009 par le Colonel Oumar Sanoh, chef d’Etat-major général des armées alors qu’il se rendait à Coyah. Lequel lui aurait demandé de faire envoyer des ambulances au stade du 28 septembre. Il aurait appelé directement la directrice de l’hôpital Donka, Fatou Siké Camara afin qu’elle organise le transport des blessés puis aurait fait demi-tour vers Conakry.

Il se serait rendu ensuite à l’hôpital Donka sur demande de la directrice de l’hôpital accompagné de deux militaires puis serait allé rendre compte au président Dadis au Camp Alpha Yaya Diallo. Celui-ci aurait demandé de prendre contact avec tous ses services techniques afin d’assurer la prise en charge totale de tous les blessés. Il aurait mis alors en place un comité de crise par arrêté dirigé par l’inspecteur général de la santé Dr Aboubacar Diakité.

Dans la matinée du 29 septembre, il se serait rendu à l’hôpital Donka pour s’enquérir de l’état des blessés et installer le comité de crise puis il s’est rendu auprès du président afin de lui rendre compte et de lui demander de venir visiter les blessés. Il assure que son rôle s’est limité à assurer le suivi des blessés jusqu’à leur guérison totale. Il réfute les accusations selon lesquelles il aurait injurié ou donné des coups pieds à des blessés.

Il déclare ne pas être au courant du pillage de la pharmacie de l’hôpital Donka ni avoir été au courant que des blessés avaient fui l’hôpital en raison des violences exercées par des forces de l’ordre. Il affirme n’avoir vu de cadavres entreposés dans des camions ni toutes subtilisation des corps dans les morgues. Il ne reconnaît d’avoir donné instructions pour l’enlèvement des cadavres dans les morgues des hôpitaux.

A suivre…

Africaguinee.com

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