En Guinée, les résultats du Baccalauréat unique, session 2022 ont été publiés ce lundi 18 juillet 2022. Selon les statistiques présentées par le Ministère de l’Enseignement Pré-universitaire et de l’Alphabétisation, seuls 9,37% sont admis soit 8.731 candidats sur un total de 93 202 élèves ayant composé toutes options confondues.
Pour le secrétaire général du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée, ce résultat est le reflet du niveau exact de l’élève guinéen. Aboubacar Soumah dit ne pas être surpris et se sent moralement réconforté.

» Ce résultat du baccalauréat vient encore confirmer combien de fois le système éducatif guinéen a été abandonné par les différents gouvernements qui ont eu à gérer les destinées de ce pays. Depuis des décennies l’école guinéenne est abandonnée, c’est ça la réalité« , a réagi le secrétaire général du SLECG au micro d’Africaguinee.com.
En Guinée, seulement entre 10 à 12% du budget national sont alloués à l’Éducation. Ce leader syndical estime que c’est un leurre de penser obtenir une éducation de qualité avec un pourcentage aussi faible en terme Budget.

« Ce résultat (9,37 %) est le reflet de la réalité du système éducatif guinéen. Les 9%, c’est exactement le niveau de formation que les élèves ont reçu. C’est le niveau réel des enfants. Tout ce que je peux dire, c’est de féliciter le ministère de l’éducation qui a fait ce travail qui fait aujourd’hui que les Guinéens vont voir la réalité de l’école guinéenne. Au lieu de fustiger ceux qui ont géré les examens, il faut plutôt les féliciter pour avoir présenté à l’opinion nationale et internationale le vrai visage du système éducatif guinéen « , a déclaré Aboubacar Soumah qui dit être satisfait des résultats.

« Moi je suis satisfait de ces résultats. Je regrette amèrement le faible taux de réussite, mais c’est une satisfaction morale pour moi parce que c’est le vrai visage du système éducatif guinéen « , a indiqué le leader du Slecg. Pour lui, tout le monde doit tirer les leçons à partir de ces résultats et prendre des mesures pour que l’école guinéenne sorte de l’ornière.

En Guinée, le taux de réussite aux examens nationaux session 2022 est de 17 % au CEE ; 15% au BEPC et 9% au Baccalauréat. Mais qu’est-ce qui explique cette faillite ? Aboubacar Soumah pense avoir une réponse :

» Nous avons vu par le passé, même des vendeuses de piments recrutées dans le système éducatif guinéen. Ces gens n’ont fait que trois mois avant d’être jetés dans le système. Nous avons vu ces derniers temps-là aussi des militants qui ont été recrutés pour aller enseigner. Quand vous prenez certains postes de responsabilité, vous verrez les IRE, DCE ou DPE certains ne méritent pas d’être à ces postes parce qu’ils n’ont pas de compétence pédagogique ni académique qui les permet de suivre les enseignants qui sont en situation de classe.

Tous ces facteurs contribuent à dévaloriser le système éducatif guinéen. Il faut que nous tirions leçon de tout cela pour que l’année prochaine nous puissions donner un nouveau visage au système éducatif guinéen « , appelle le syndicaliste, qui pointe aussi les recrutements « fantaisistes » qui ont caractérisé ces dernières années le système éducatif.

Ce n’est pas tout. Selon lui, il y a aussi le départ massif des enseignants et encadreurs compétents à la retraite. « Eux qui avaient une formation pédagogique et académique sont écartés au profit des gens dont les 80% n’ont pas les mêmes compétences », a-t-il dit invitant les autorités à recruter ces anciens même si c’est de façon contractuelle pour dit-il, sauver l’éducation guinéenne.

Africaguinee.com