Depuis l’entrée en vigueur de la mesure gouvernementale visant l’interdiction de la production et de la commercialisation des plastiques et sachets à usage unique, se désaltérer est devenu un véritable casse-tête financier dans la capitale guinéenne.
Dans plusieurs quartiers de Conakry, la bouteille d’eau de 1,5 litre (notamment les marques les plus prisées comme Coyah, Super Eau ou Spa) a connu une hausse spectaculaire : jadis vendue à 5 000 GNF, elle s’arrache désormais à 6 000, voire 7 000 GNF dans de nombreuses boutiques de détail.
Cette flambée s’explique par la fin progressive des sachets d’eau bon marché qui alimentaient une grande partie des ménages et des travailleurs de rue.
Privés de cette option économique, les consommateurs se sont rabattus massivement sur les bouteilles en plastique, provoquant une forte hausse de la demande, des ruptures de stock chez certains grossistes et une spéculation croissante chez les détaillants. Pour de nombreuses familles à faible revenu, le budget consacré à l’eau potable a explosé en l’espace de quelques jours, transformant une nécessité vitale en un luxe quotidien.
Si la décision d’interdire les plastiques à usage unique s’inscrit dans une démarche environnementale indispensable pour salubriser nos villes et curer nos canaux d’évacuation, la transition ne doit pas se faire au détriment du pouvoir d’achat des guinéens. Plusieurs pistes urgentes méritent d’être explorées par les autorités et les acteurs économiques :
– La régulation et l’encadrement des prix : Les doivent effectuer des descentes sur le terrain pour fixer un prix plafond sur les bouteilles d’eau et sanctionner la spéculation abusive des revendeurs.
– Subvention et accompagnement des industriels : Aider les unités de production d’eau à acquérir des emballages biodégradables, des contenants consignés ou du plastique recyclé à moindre coût, afin de faire baisser le prix de revient à la production.
– Le développement de la consigne et du recharge d’eau : Encourager la mise en place de fontaines à eau publiques, de distributeurs d’eau filtrée dans les marchés et carrefours stratégiques, ou le retour des bonbonnes rechargeables (10L à 20L) accessibles aux ménages avec un système d’échange de conteneurs.
Et l’amélioration de la desserte en eau potable (SEG) : La solution durable reste le renforcement du réseau de la Société des Eaux de Guinée pour garantir un accès à l’eau potable directement au robinet dans l’ensemble des communes de la capitale.
Face à cette épreuve, une synergie d’actions entre le gouvernement, les producteurs d’eau et les associations de consommateurs est impérative pour éviter que la cause écologique ne se transforme en crise sociale.
SourceActu7.com




