En marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, la ministre guinéenne de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a porté, ce vendredi 16 octobre 2026 à Bangkok, un plaidoyer en faveur d’un développement minier responsable, durable et créateur de valeur ajoutée. À travers le projet Simandou, elle a présenté la vision de la Guinée pour faire de ses ressources naturelles un véritable levier de transformation économique.

La capitale thaïlandaise a accueilli, ce vendredi 16 octobre, un panel de haut niveau consacré au développement minier responsable, au Centre national des congrès Queen Sirikit. Cette rencontre a réuni plusieurs personnalités du monde économique et financier, notamment Bold Baatar, directeur commercial de Rio Tinto, le ministre zambien de l’Économie et des Finances, le Dr Situmbeko, Christian Bodwig, expert de la Banque mondiale, ainsi que Mariama Ciré Sylla, ministre guinéenne de l’Économie, des Finances et du Budget.

Au centre des discussions figurait un enjeu majeur pour les pays riches en ressources naturelles : comment attirer les investissements privés tout en garantissant des retombées économiques durables, le respect des normes sociales et la protection de l’environnement ?

Face aux investisseurs et aux décideurs du secteur minier, la ministre guinéenne a mis en avant le projet Simandou comme une illustration de la volonté de la Guinée de concilier exploitation minière, développement des infrastructures et diversification économique.

Simandou, un projet structurant pour l’économie guinéenne

Dans son intervention, Mariama Ciré Sylla est revenue sur les principales étapes de développement du projet Simandou, en mettant l’accent sur son financement, sa mise en œuvre et les infrastructures stratégiques qui l’accompagnent.

Parmi celles-ci figurent la construction d’une ligne ferroviaire de 630 kilomètres et le développement du port minier de Moribaya. Ces investissements constituent, selon la vision présentée par la ministre, des leviers essentiels pour renforcer les capacités logistiques du pays, faciliter les échanges commerciaux et stimuler de nouvelles activités économiques.

La vocation multiservices du chemin de fer a également été soulignée, notamment à travers le lancement du premier train de voyageurs par le président de la République, Mamadi Doumbouya. Cette dimension illustre l’ambition de faire des infrastructures liées à Simandou des outils au service d’un développement qui dépasse le seul cadre de l’exploitation minière.

Quatre priorités pour transformer les ressources naturelles en richesse durable

Pour la ministre guinéenne, la réussite de Simandou ne doit pas se mesurer uniquement aux volumes de minerai exportés, mais également à sa capacité à générer des emplois, à développer les compétences nationales et à soutenir l’émergence de nouveaux secteurs économiques.

Son intervention s’est ainsi articulée autour de quatre axes prioritaires.

1. Accélérer la transformation locale des ressources minières

La Guinée entend dépasser un modèle économique essentiellement fondé sur l’exportation de matières premières brutes. L’objectif est de favoriser progressivement la transformation locale des ressources naturelles afin d’accroître la valeur ajoutée produite sur le territoire national et de renforcer les bénéfices économiques tirés de l’exploitation minière.

2. Faire des infrastructures de Simandou des corridors de croissance

Au-delà du transport du minerai, les infrastructures ferroviaires et portuaires doivent contribuer au développement de l’agriculture, du commerce et de l’industrie. Cette approche vise à stimuler les investissements dans les zones traversées, à améliorer la connectivité entre les régions et à créer de nouvelles opportunités pour les entreprises guinéennes.

3. Garantir une gestion rigoureuse des revenus miniers

La mobilisation et l’utilisation des recettes issues du secteur extractif constituent un autre pilier de la stratégie présentée par la ministre. Il s’agit de préserver la stabilité macroéconomique, de renforcer les recettes publiques et de financer des infrastructures durables tout en maîtrisant les risques liés à l’endettement.

Dans cette perspective, la Guinée privilégie, selon les orientations exposées, un programme d’ancrage avec le FMI plutôt qu’un programme de sauvetage. Parallèlement, les travaux préparatoires à la mise en place d’un fonds souverain seraient à un stade avancé, avec pour ambition de mieux valoriser les revenus miniers et de renforcer leur contribution au développement à long terme.

4. Renforcer le contenu local et la formation des compétences nationales

La valorisation du capital humain figure également parmi les priorités défendues par la Guinée. À travers des initiatives telles que la Simandou Academy, le pays entend préparer sa jeunesse aux emplois qualifiés générés par le projet et ses partenaires, notamment Rio Tinto.

Cette orientation vise également à favoriser le développement des petites et moyennes entreprises nationales, afin qu’elles puissent accéder aux opportunités économiques liées au projet et participer davantage à la chaîne de valeur minière.

Un signal adressé aux investisseurs internationaux

À Bangkok, le message porté par Mariama Ciré Sylla repose sur une ambition claire : faire de l’exploitation des ressources naturelles un point de départ pour la transformation structurelle de l’économie guinéenne, plutôt qu’une finalité en soi.

La Guinée entend ainsi attirer des capitaux privés autour de projets structurants, tout en promouvant un cadre de gestion rigoureux, une participation accrue des entreprises nationales et une meilleure redistribution des retombées économiques.

Cette approche place au cœur des priorités la création de valeur locale, le développement des infrastructures, la formation professionnelle et la diversification des activités économiques. Elle souligne également l’importance d’une gestion responsable des revenus extractifs pour préserver les équilibres macroéconomiques et garantir la durabilité des investissements publics.

Simandou 2040, une ambition de transformation nationale

À travers cette participation aux échanges internationaux sur le développement minier responsable, la Guinée réaffirme son ambition de faire du projet Simandou un moteur de croissance et de transformation économique.

Dans le cadre de la vision Simandou 2040, l’enjeu est de convertir les investissements miniers en opportunités durables pour l’ensemble du pays : infrastructures modernes, emplois qualifiés, entreprises nationales plus compétitives, diversification économique et amélioration des conditions de vie des populations.

À Bangkok, le plaidoyer guinéen met ainsi en avant une orientation stratégique : attirer les investissements, certes, mais surtout veiller à ce que l’exploitation des ressources naturelles contribue durablement à la prospérité nationale.

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