La cinquième édition du Forum sur le commerce et l’investissement entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre (WCAF) a officiellement pris fin ce mercredi 21 octobre, dans un réceptif hôtelier de la capitale guinéenne. Placée sous le thème « De la coopération à la transformation : construire l’avenir du marché développé en Afrique », cette rencontre s’est achevée sur des annonces majeures, notamment le relèvement de l’engagement d’investissement britannique en Guinée, passé de 1,8 à 2,7 milliards de livres sterling, soit environ 3 milliards de dollars, selon le ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé.
Au terme de deux journées d’échanges réunissant des représentants gouvernementaux, des investisseurs, des institutions financières et des entreprises, la cérémonie de clôture a permis de dresser le bilan des discussions et de tracer les perspectives de coopération économique entre le Royaume-Uni et les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Dans son discours de clôture, Ismaël Nabé a salué la forte mobilisation enregistrée à Conakry, qu’il a présentée comme un témoignage de l’intérêt croissant des partenaires internationaux pour les opportunités économiques de la région.« WCAF 5 a enregistré la plus forte participation de l’histoire du forum. Ce succès témoigne de l’intérêt croissant pour notre région, de la confiance accordée à ses perspectives économiques et de la volonté partagée de construire de nouveaux partenariats », a-t-il déclaré.
Ismael Nabé a également exprimé sa reconnaissance au Royaume-Uni, à UK Export Finance, aux organisateurs, aux institutions partenaires et aux entreprises ayant contribué à la réussite de cette rencontre. Il a toutefois insisté sur la nécessité de dépasser le cadre des échanges pour traduire les engagements pris en résultats tangibles. Pour le ministre , l’un des principaux enseignements de cette édition est que l’Afrique doit désormais accélérer la transformation de ses ressources et de ses potentialités en capacités productives, en emplois et en prospérité partagée.Évoquant les discussions consacrées au programme Simandou 2040, le ministre a souligné que la valorisation des ressources minières devait contribuer à diversifier l’économie guinéenne et à renforcer son caractère inclusif.
Pour la Guinée, a-t-il expliqué, les ressources naturelles ne doivent pas constituer une finalité, mais plutôt un levier pour bâtir une économie plus souveraine, capable de créer davantage de valeur ajoutée et de bénéficier directement aux populations. Les échanges ministériels consacrés aux cinq années de partenariat entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone ont également permis d’évaluer le chemin parcouru et d’envisager une nouvelle phase de coopération. Celle-ci devrait, selon le ministre, être davantage orientée vers l’exécution des projets et évaluée à partir de résultats concrets.
Ismaël Nabé a par ailleurs rappelé l’importance de mieux faire correspondre les capacités des entreprises britanniques aux besoins des économies africaines, notamment dans les domaines de la finance, de l’ingénierie, de l’énergie, des infrastructures et des services.
« L’enjeu n’est pas seulement de rapprocher des entreprises, mais c’est surtout de faire émerger des partenariats qui créent de la valeur et de l’emploi », a-t-il affirmé.
Les différentes sessions consacrées aux pays participants ont mis en évidence des besoins communs en matière d’infrastructures, d’énergie, de connectivité, d’industrialisation et d’accès aux marchés.
Des échanges portant notamment sur le Cameroun, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, la Côte d’Ivoire, le Congo, le Gabon, le Sénégal et la Mauritanie, ainsi que sur les corridors économiques du Sahel impliquant le Niger, le Mali et le Burkina Faso, ont illustré la diversité des trajectoires nationales et les possibilités de coopération régionale. Pour le ministre guinéen, les opportunités économiques des différents pays gagneraient à être inscrites dans une dynamique régionale plus forte. Il a ainsi plaidé pour le développement de corridors économiques capables de relier les zones de production aux marchés, les ports aux bassins industriels et les entreprises aux chaînes d’approvisionnement.Ces infrastructures, a-t-il estimé, ne doivent pas rester de simples tracés géographiques, mais devenir de véritables espaces d’échanges, de production et de création d’emplois. Abordant la question du financement des investissements, Ismaël Nabé a insisté sur l’importance de la préparation technique, financière, juridique et institutionnelle des projets.
Il a rappelé qu’entre l’annonce d’une initiative et sa réalisation effective, plusieurs étapes doivent être franchies pour garantir sa viabilité et ses retombées économiques et sociales.« Un projet annoncé n’est pas encore un projet financé. Un projet financé n’est pas encore un projet libéré. Un projet libéré n’est pas encore un projet réussi tant qu’il ne produit pas des bénéfices économiques et sociaux attendus », a-t-il souligné.
Cette exigence de préparation et de suivi constitue, selon lui, un élément essentiel pour renforcer la confiance des investisseurs et permettre aux pays africains de mieux mobiliser les ressources nécessaires à leur développement.
Le ministre a également salué les contributions des responsables gouvernementaux et des institutions financières intervenus lors de la discussion de haut niveau intitulée « Go Far, Go Together ». Il a notamment évoqué la participation du ministre Moussa Cissé, de représentants de la Banque africaine de développement, de la Banque d’investissement et de développement, de UK Export Finance et de la DFC Africa.
À l’issue du forum, Ismaël Nabé a proposé trois orientations prioritaires pour consolider les acquis de cette cinquième édition. La première consiste à transformer les échanges et les engagements en projets concrets. La deuxième vise à faire du partenariat avec le Royaume-Uni un instrument de renforcement des capacités locales, notamment à travers le transfert de technologies et de compétences. La troisième porte sur l’inscription des projets dans une ambition régionale, fondée sur le développement des corridors économiques, des chaînes de valeur et des complémentarités entre les économies africaines.Le ministre a assuré que ces priorités s’inscrivent pleinement dans le programme Simandou 2040, porté par les autorités guinéennes sous l’impulsion du président de la République, Mamadi Doumbouya. Il a réaffirmé la disponibilité de la Guinée à travailler avec ses partenaires pour attirer des investissements structurants, soutenir le secteur privé et faire des ressources nationales un moteur de création d’opportunités pour les populations.
Selon Ismaël Nabé, l’enveloppe annoncée par le Royaume-Uni est passée de 1,8 milliard à 2,7 milliards de livres sterling, soit environ 3 milliards de dollars américains.
Le ministre a présenté cette évolution comme un signal de confiance envers les perspectives économiques du pays et les ambitions de transformation portées par le programme Simandou 2040. Il a néanmoins souligné que cet engagement devait désormais se traduire par des projets concrets, le développement des capacités productives et le transfert de compétences au bénéfice de l’économie guinéenne.
La deuxième annonce importante porte sur la signature d’un accord-cadre stratégique entre la Banque africaine de développement (BAD) et UK Export Finance. Cette initiative vise à rapprocher les capacités de financement des exportations des ambitions de développement du continent africain.
Pour le ministre, ces deux avancées illustrent la nécessité de construire un partenariat qui dépasse les déclarations d’intention, en rapprochant les moyens financiers disponibles des besoins réels des économies africaines.
En clôturant officiellement les travaux, Ismaël Nabé a rappelé que la fin du forum ne devait pas marquer l’arrêt des initiatives engagées à Conakry. Il a appelé les participants à poursuivre les échanges et à accélérer la mise en œuvre des projets identifiés. L’ambition, a-t-il expliqué, est de faire de cette cinquième édition non seulement un rendez-vous ayant enregistré une participation record, mais aussi une étape décisive dans la concrétisation des investissements et l’ouverture de nouvelles perspectives économiques pour la Guinée et les autres pays participants.« Le forum s’achève aujourd’hui. Notre responsabilité, elle commence dès demain. Ensemble, faisons du commerce un moteur de rapprochement, de l’investissement un instrument de transformation et du partenariat entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone une force durable de création de valeur, d’emploi et de prospérité partagée », a-t-il déclaré.
Le ministre a enfin remercié les équipes du ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, les organisateurs, les partenaires et les délégations venues de différents pays africains, avant de leur souhaiter un bon retour dans leurs pays respectifs.
Cette cinquième édition du WCAF s’achève ainsi sur une ambition commune : convertir les engagements économiques en réalisations durables, renforcer les partenariats entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone et faire de l’investissement un levier concret de transformation économique et sociale.
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