Dans le cadre du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, ce mercredi 28 octobre 2026 le gouvernement guinéen prévoit de mobiliser plus de 5 400 milliards de francs guinéens en appuis budgétaires afin de maintenir le prix du carburant à la pompe à 12 000 GNF le litre. Une mesure destinée à protéger le pouvoir d’achat des citoyens face aux tensions géopolitiques internationales et à la hausse des cours des produits pétroliers.
Le projet de loi de finances rectificative ne constitue pas un simple ajustement des chiffres budgétaires. Il représente avant tout un exercice de réalisme et de crédibilité, permettant à l’État d’adapter ses prévisions aux évolutions de la conjoncture économique nationale et internationale.
À mi-parcours de l’exécution budgétaire, les recettes et les dépenses publiques peuvent en effet connaître des variations sous l’effet de facteurs économiques, financiers et géopolitiques. La LFR permet ainsi de tenir compte de ces évolutions et d’ajuster les orientations budgétaires pour assurer la bonne clôture de l’exercice.
Des ressources mobilisées pour protéger le pouvoir d’achat

Selon la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, les travaux préparatoires ont débuté par des échanges approfondis avec la commission des affaires financières de l’Assemblée nationale, principalement autour du volet des recettes.
Ces discussions ont notamment porté sur le renforcement de la mobilisation des ressources internes, ainsi que sur les financements extérieurs, les emprunts et les autres ressources sécurisées susceptibles de contribuer au financement du budget national et des priorités de développement.
Parmi les priorités du gouvernement figure la protection du pouvoir d’achat des Guinéens, conformément à la vision du chef de l’État, Mamadi Doumbouya.
Malgré les pressions économiques liées aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et à leurs conséquences sur les marchés pétroliers, les autorités entendent maintenir leur politique de soutien aux prix des carburants.
À cet effet, plus de 5 400 milliards de francs guinéens d’appuis budgétaires sont prévus pour l’ensemble de l’année 2026, selon les prévisions de la LFR, afin de maintenir le prix du carburant à la pompe à 12 000 GNF le litre.

Cette décision traduit la volonté des autorités de limiter les répercussions de la crise énergétique internationale sur les ménages et les activités économiques. En effet, les variations du prix des produits pétroliers influencent directement les coûts du transport, de la logistique et de la distribution des marchandises.
Dans un pays fortement dépendant des importations, la hausse de ces coûts peut également entraîner une augmentation des prix des biens et services, notamment des denrées alimentaires acheminées des zones de production vers les marchés intérieurs.
Les députés insistent sur la transparence des recettes publiques

Les échanges entre le gouvernement et les parlementaires ont également permis d’aborder plusieurs questions relatives à la performance des administrations financières et à la gestion des ressources publiques.
Les députés ont notamment interrogé le gouvernement sur les niveaux de recouvrement des recettes fiscales, douanières et non fiscales. Ils ont aussi insisté sur le respect du principe de territorialité dans la répartition des ressources destinées aux collectivités locales.
La ministre Mariama Ciré Sylla a souligné la pertinence des observations formulées au cours de ces discussions, estimant qu’elles contribuent à améliorer l’efficacité de l’action publique.
Le contrôle des volumes de minerais exportés a également occupé une place importante dans les débats. Pour les parlementaires, la traçabilité de la production minière constitue un enjeu majeur, tant pour garantir la transparence des exportations que pour optimiser les recettes tirées de l’exploitation des ressources naturelles.
Une meilleure maîtrise des flux miniers apparaît ainsi comme un levier essentiel pour renforcer la mobilisation des recettes publiques et accroître les retombées économiques du secteur extractif au profit de la Guinée.
Le volet des dépenses attendu après celui des recettes

Les travaux relatifs au projet de loi de finances rectificative 2026 se poursuivent avec les différentes commissions de l’Assemblée nationale.
Selon la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, les discussions se concentrent actuellement sur la finalisation du volet des recettes. L’examen des dépenses interviendra ensuite, avec pour objectif d’assurer une meilleure cohérence entre les ressources disponibles, les priorités gouvernementales et les engagements de l’État.

Au-delà des ajustements techniques, cette révision budgétaire constitue donc une étape importante dans le pilotage des finances publiques. Elle doit permettre au gouvernement de tenir compte des nouvelles contraintes économiques, de préserver le pouvoir d’achat des populations et de renforcer la transparence dans la mobilisation et l’utilisation des ressources nationales.

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