Une scène d’une rare violence a secoué le quartier Almamya, dans la commune de Kaloum, ce samedi 4 avril 2026. Mariame Condé, une femme âgée d’une cinquantaine d’années, a été brutalement agressée en pleine rue par plusieurs membres de sa belle-famille qui lui reprochent d’avoir soutenu le mariage de sa fille avec un homme de confession chrétienne.
L’incident, survenu alors qu’elle se rendait au marché, a provoqué une vive indignation parmi les habitants du quartier. Derrière cette affaire se cache un profond conflit familial mêlant pression sociale, intolérance religieuse et rejet d’une union célébrée depuis plusieurs années déjà. Des voisins dénoncent aujourd’hui un climat de haine entretenu autour du couple, contraint de quitter la Guinée par crainte pour sa sécurité.
Ce samedi aux environs de 9 heures, le calme habituel du quartier Almamya a été brusquement interrompu par des cris et une scène de violence qui a choqué de nombreux habitants. Selon plusieurs témoins, Mariame Condé aurait été attaquée par des membres de sa belle-famille alors qu’elle empruntait le chemin du marché. Des voisins affirment avoir vu la quinquagénaire rouée de coups et insultée publiquement avant l’intervention rapide de jeunes du quartier et de passants qui ont réussi à la soustraire à ses agresseurs. « Ils étaient très en colère. Ils criaient qu’elle avait trahi la famille et sali leur honneur. Sans l’intervention des citoyens, cela aurait pu finir en drame », témoigne une riveraine encore sous le choc.
D’après les informations recueillies auprès de proches de la famille, cette affaire trouve son origine dans un mariage célébré en 2019 entre Aminata Sadjo Camara, fille de Mariame Condé, et Jean Philippe Zogbélémou, un jeune chrétien. Une union qui aurait provoqué une profonde fracture au sein de cette famille musulmane réputée très conservatrice.
Selon plusieurs membres de l’entourage familial, les parents paternels d’Aminata n’ont jamais accepté cette relation interreligieuse. Les tensions seraient progressivement montées au fil des années, jusqu’à transformer les rapports familiaux en véritable conflit ouvert.
Les oncles paternels d’Aminata, considérés comme les principaux opposants à cette union, accusent Mariame Condé d’avoir secrètement encouragé sa fille à épouser Jean Philippe Zogbélémou avec l’appui de certains proches du côté maternel. 
« Depuis le mariage, cette femme vit sous pression. On lui reproche d’avoir laissé sa fille désobéir aux traditions familiales. Certains membres de la famille ne lui adressaient même plus la parole », confie un voisin de longue date. Dans le quartier, plusieurs habitants dénoncent également le silence entourant cette affaire malgré les tensions connues depuis des années. « On savait qu’il y avait des menaces et des disputes répétées autour de cette histoire. Mais personne n’imaginait qu’on en arriverait à une agression physique contre une mère de famille en pleine rue », regrette un jeune commerçant de la zone.
Selon une source proche du dossier, Aminata Sadjo Camara et son époux auraient quitté la Guinée depuis plusieurs mois afin de protéger leur foyer et leur enfant face aux pressions constantes et aux menaces récurrentes dont ils faisaient l’objet. Des proches du couple affirment que la jeune femme vivrait difficilement cette rupture avec une partie de sa famille, tout en refusant d’abandonner son mariage.
« Elle aime sa famille, mais elle refuse qu’on lui impose un choix sentimental ou religieux. Aujourd’hui, elle vit loin des siens simplement parce qu’elle a épousé l’homme qu’elle aime », explique une connaissance de la famille. Cette affaire relance une nouvelle fois le débat sur les violences familiales, l’intolérance religieuse et les pressions sociales exercées sur certaines femmes dans des unions jugées contraires aux traditions.
À Almamya, de nombreux habitants appellent désormais les autorités à faire toute la lumière sur cette agression et à garantir la sécurité de Mariame Condé ainsi que celle de sa famille.
Dossier à suivre…………..
Alseny Koket Camara




