S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 11 août 2026, consacrée notamment à l’accord d’environ 425 millions de dollars conclu entre la Guinée et le Fonds monétaire international (FMI), Karamo Kaba, gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), a expliqué les raisons qui, selon lui, justifient le choix de la Guinée de conserver le franc guinéen plutôt que d’adhérer à la monnaie Eco, dont le lancement est annoncé pour 2027.
« Par rapport à l’Eco, effectivement, la Guinée, par la voie du Président, a décidé de rester au niveau du franc guinéen. Et très sincèrement, je pense que c’est une très bonne décision que le Président a prise », a déclaré Dr Karamo Kaba.
Selon le gouverneur de la BCRG, cette position de l’État guinéen s’explique notamment par les difficultés rencontrées par les États membres de la CEDEAO pour satisfaire aux critères de convergence nécessaires à la mise en place d’une monnaie unique.
« Tout le monde dit qu’on va aller à l’Eco en 2027. Non, personne n’a intérêt à y aller. Regardez les critères de convergence. Quels sont les pays aujourd’hui qui respectent tous les critères de convergence de la monnaie unique de l’Afrique de l’Ouest ? », s’est-il interrogé.
Karamo Kaba a expliqué que le Bénin serait actuellement le seul pays à remplir l’ensemble de ces exigences. La Guinée, pour sa part, respecterait trois des principaux critères, mais resterait confrontée notamment à celui relatif au déficit.
Au-delà du respect des critères de convergence, le gouverneur de la BCRG estime qu’une union monétaire viable nécessiterait également la mise en place d’un mécanisme de transfert entre les États présentant des déficits et ceux enregistrant des excédents.
Pour Karamo Kaba, le débat autour de l’Eco relève également d’une question de souveraineté monétaire. Il met notamment en avant la différence entre le contrôle actuel de la BCRG par la Guinée et celui qui serait exercé au sein d’une future banque centrale fédérale.
« Aujourd’hui, vous avez une Guinée qui détient à 100 % sa banque centrale. Demain, vous allez mettre en place une banque centrale fédérale. (…) Vous allez avoir une banque centrale qui, au minimum, sera contrôlée par le Nigeria à hauteur de 60 %. La part de la Guinée là-dedans, je ne suis même pas sûr qu’on aura 5 % du capital de cette banque centrale-là. Donc, pourquoi quitter une banque centrale où vous avez 100 % pour aller vers une banque centrale où vous n’aurez que 5 % ? », s’est-il interrogé.
À l’issue de son argumentaire, le gouverneur de la BCRG maintient que le choix de conserver la monnaie nationale demeure, à ce stade, l’option la plus favorable pour le pays. « A l’état actuel le maintien du franc guinéen constitue la meilleure option pour la Guinée », conclut-il.
Source 360.com


