Emmanuel Macron: «La situation est grave en Guinée»

Emmanuel Macron: «La situation est grave en Guinée»

Dans une interview accordée à nos confrères de Jeune Afrique, le président français s’est finalement exprimé sur la réélection d’Alpha Condé en Guinée et d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire.

Même si les élections dans les deux pays ont été marquées par des contestations liées à la candidature de Condé et de Ouattara, Pour Emmanuel Macron, le problème guinéen reste le plus «préoccupant».

«La France n’a pas à donner de leçons. Notre rôle, c’est d’en appeler à l’intérêt et à la force qu’a le modèle démocratique dans un continent de plus en plus jeune.

l’Afrique a intérêt à construire les règles, les voies et les moyens pour avoir des rendez-vous démocratiques réguliers et transparents.

J’ai eu plusieurs fois des discussions avec le président Alpha Condé- des discussions très franches, y compris le 15 aout 2019, quand il était en
France. Le président Condé a une carrière d’opposant qui aurait justifié qu’il organise de lui-même une bonne alternance. Et d’évidence, il a organisé un
référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir. C’est pour ça que je ne lui ai pas encore adressé de lettre de félicitations. Je pense que la situation est grave en Guinée, pour sa jeunesse, pour sa vitalité démocratique et pour son avancee.

L’alternance permet la respiration. Elle est aussi le meilleur moyen de permettre l’inclusion dans la vie politique et de lutter contre la corruption, qui est le pendant d’une Conservation trop longue du pouvoir. Ce ne sont pas des leçons,
C’est du bon sens.La situation est grave en Guinée, pour sa jeunesse, pour sa vitalité démocratique.

Après, ce n’est pas à moi de dire : «La Constitution doit prévoir x ou y
mandat ». Je rappelle que la France elle-même, jusqu’il y a douze ans n’avait pas de limitation du nombre de mandats dans sa Constitution.

Mais il n’y a pas eu en France de changement des règles du jeu en cours de route pour se maintenir au pouvoir…

C’est exact. Pour revenir aux deux cas particuliers que vous évoquez, je vais vous dire ce que j’en pense en toute franchise. Je ne mets pas le cas de la Guinée et celui de la Côte d’lvoire dans la même catégorie.», a déclaré le président français

La Redaction

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