Conakry, 23 avril 2026 — Les travailleurs de la Direction de l’Agence Guinéenne des Spectacles (AGS), relevant du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, tirent la sonnette d’alarme sur la situation « critique » que traverse leur institution. Dans un mémorandum adressé au ministre de tutelle, ils dénoncent des dysfonctionnements administratifs, des conditions de travail jugées « inacceptables » ainsi qu’une accumulation d’arriérés de salaires et de primes.

Selon les signataires du document, la crise aurait pris de l’ampleur depuis l’arrivée de Madame Touré Mariame à la tête de l’Agence Guinéenne des Spectacles en janvier 2025. Les agents affirment que plusieurs insuffisances entravent désormais le fonctionnement normal de la Direction.

Une direction absente des activités du département

Les travailleurs regrettent la faible implication de la Direction Générale de l’agence Guinéenne des Spectacles dans les activités organisées par le ministère de la Culture. Ils évoquent notamment l’absence quasi systématique de la structure lors des festivals, sessions de formation, activités de soutien et cérémonies nationales.

Pour eux, cette situation nuit à la visibilité du secteur des spectacles et freine l’atteinte des objectifs stratégiques assignés au département.

Des conditions de travail jugées alarmantes

Le mémorandum dresse également un tableau sombre des conditions de travail au sein de la DGS. Les agents dénoncent la vétusté avancée des locaux, le manque de bureaux, l’absence d’électricité depuis plusieurs mois ainsi que la dégradation des installations sanitaires.

« Cette situation impacte négativement le rendement du personnel, mais aussi sa santé et sa sécurité », peut-on lire dans le document.

Une gestion administrative contestée

Les travailleurs pointent également du doigt une gestion administrative qu’ils qualifient de « défaillante ». Ils dénoncent un manque d’organisation, l’absence d’organigramme fonctionnel, une gestion financière opaque ainsi qu’un déficit de communication interne.

Selon eux, seules quatre personnes assureraient actuellement le fonctionnement quotidien de la Direction : la directrice générale, le responsable administratif et financier, l’informaticien chargé des licences et une assistante déployée sur le terrain.

Les agents évoquent aussi un climat social tendu marqué par des « propos injurieux et humiliants » à l’encontre du personnel. Ils citent notamment un incident récent au cours duquel des consignes auraient été données aux vigiles d’interdire l’accès des bureaux aux agents sans autorisation préalable.

Douze mois d’arriérés de salaires réclamés

La principale revendication des travailleurs concerne le paiement des arriérés de salaires et de primes. Les agents, fonctionnaires comme contractuels, affirment n’avoir perçu aucune rémunération pendant plusieurs mois.

Le document fait état d’impayés couvrant :

• quatre mois pour l’année 2024 ;

• quatre mois pour l’année 2025 ;

• quatre mois pour l’année 2026.

Les travailleurs dénoncent une situation sociale devenue insoutenable, expliquant que certains de leurs enfants auraient été renvoyés de l’école faute de paiement des frais de scolarité, tandis que plusieurs agents seraient menacés d’expulsion de leurs logements.

Des revendications et recommandations adressées au ministère

Parmi les principales revendications formulées figurent :

• le paiement immédiat des arriérés de salaires et primes ;

• la mise à disposition de motos achetées sur les fonds de la Direction ;

• la distribution de complets de pagne destinés aux femmes de la structure ;

• le remplacement de l’actuelle direction générale.

Les travailleurs recommandent également la réhabilitation des locaux, l’amélioration des équipements de travail, la mise en place d’un système de contrôle interne rigoureux et l’organisation de formations continues pour le personnel.

Ils sollicitent par ailleurs la régularisation administrative des agents contractuels ainsi que la réintégration des fonctionnaires en détachement, après le changement de statut de l’Agence Guinéenne des Spectacles devenue Direction Générale.

Un appel à une intervention urgente

Dans leur conclusion, les travailleurs estiment que la Direction Générale des Spectacles traverse « une crise profonde » caractérisée par des dysfonctionnements administratifs, financiers et organisationnels.

Ils appellent ainsi le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat à intervenir rapidement afin de rétablir un climat de travail apaisé et garantir le bon fonctionnement de la structure.

Les signataires affirment avoir envisagé de médiatiser l’affaire, mais disent avoir préféré, « par respect pour l’autorité du ministre », adresser d’abord leurs préoccupations à leur tutelle.

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