Dinguiraye,  Un conflit domanial opposant M. Kaba Barry aux sages du district de Kignero, dans la sous-préfecture de Banora (préfecture de Dinguiraye), a pris une tournure judiciaire qui suscite de nombreuses interrogations au sein de la communauté.

Selon les informations recueillies, M. Kaba Barry, originaire de la préfecture de Kouroussa, aurait défriché près de quatre hectares de terrain dans le secteur de Dayindra, relevant du district de Kignero, afin d’y implanter une plantation, sans avoir au préalable obtenu l’autorisation des autorités coutumières locales.

Informés de la situation, les sages du district auraient tenté de le rencontrer pour obtenir des explications. D’abord convoqué par le Sotikèmo, puis par le président du district, M. Kaba Barry aurait refusé de répondre à ces différentes convocations.

Face à cette impasse, le maire de Banora, M. Moussa Camara, est intervenu pour organiser une médiation entre les deux parties. Au cours de cette rencontre, M. Kaba Barry aurait reconnu ne pas avoir acquis légalement le terrain ni reçu une autorisation pour son exploitation. Il se serait également engagé, par écrit, à restituer la parcelle aux sages de Kignero.

Dans un esprit d’apaisement, le maire aurait demandé aux sages d’autoriser exceptionnellement M. Kaba Barry à exploiter la plantation jusqu’à la fin de la campagne agricole 2026, avant l’application de son engagement écrit. Il lui aurait également conseillé de présenter ses excuses aux autorités coutumières du district, une démarche qu’il aurait refusée.

Quelques jours plus tard, le 26 juillet 2026, le chef du secteur de Dayindra et le président du district de Kignero ont reçu une convocation de la Police de Dinguiraye, sur instruction de la justice. Lorsqu’ils se sont présentés, ils ont découvert qu’une plainte avait été déposée contre eux pour de présumées menaces de mort.

Les deux responsables ont rejeté ces accusations, affirmant qu’aucune menace, altercation ou violence n’avait eu lieu, ni au domicile de M. Kaba Barry, ni sur la parcelle en litige. Ils ont demandé que la partie plaignante présente des témoins pour étayer ses allégations. Selon leur version des faits, aucun témoin n’a été produit devant le juge.

Malgré cela, le juge aurait ordonné leur placement à la prison civile, une décision qui alimente aujourd’hui les interrogations de plusieurs habitants sur le déroulement de cette procédure judiciaire.

À ce stade, la version présentée ci-dessus repose sur les déclarations des personnes concernées par cette affaire. La position de M. Kaba Barry ainsi que celle des autorités judiciaires n’a pas été rendue publique. Une éventuelle réaction de leur part permettrait d’apporter un éclairage complémentaire sur ce dossier.

Kerfalla Touré

626 41 92 88