Après l’arrestation controversée de Mamady Kanté, militant de l’opposition, une nouvelle tension secoue la commune de Matoto. Des habitants affirment que des agents des forces de sécurité ont pris d’assaut le domicile familial, provoquant peur et dégâts matériels. Entre accusations d’abus, témoignages de voisins et zones d’ombre autour de la disparition du jeune militant, l’affaire relance le débat sur les méthodes d’interpellation et le climat politique dans la capitale guinéenne.

Une vive tension a été signalée dans le quartier Sangoyah, dans la commune de Matoto, où la famille de Mamady Kanté, militant du Rassemblement du Peuple de Guinée-Arc-en-Ciel (RPG-Arc-en-Ciel), affirme avoir été victime d’une descente musclée menée par des agents des forces de défense et de sécurité. Selon plusieurs témoignages recueillis dans le voisinage, des hommes en uniforme auraient fait irruption au domicile de la famille Kanté dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 mars 2025, créant un climat de panique dans tout le secteur. Les habitants parlent d’une opération brutale qui aurait causé d’importants dégâts matériels.

Interrogé par notre reporter, un voisin raconte avoir été réveillé par des bruits inhabituels. « Nous avons entendu des cris et des coups frappés contre la porte. Quand nous sommes sortis pour voir ce qui se passait, il y avait plusieurs agents autour de la maison. Les enfants et les femmes étaient paniqués », témoigne un résident du quartier Sangoyah.

Un autre voisin affirme que l’intervention a rapidement dégénéré : « Les forces de sécurité fouillaient la maison. Des objets ont été renversés et certaines portes ont été endommagées. Le quartier entier était sous tension », explique-t-il.

Grâce à l’intervention de certains habitants du voisinage, la situation aurait fini par se calmer, même si la famille affirme que plusieurs biens ont été endommagés au cours de l’opération. Pour les proches du jeune militant, cette intervention serait liée à la disparition de Mamady Kanté, arrêté pour avoir critiqué la gestion catastrophique du régime par rapport au manque du liquidité qui secoue tout le pays actuellement.

Selon leurs explications, il a été arrêté et accusé d’avoir manifesté violemment dans les rues de la capitale et d’actes de vandalisme, lors des manifestations, organisées par les Forces Vives de Guinée (FVG), dans le cadre de la lutte contre les arrestations illégales et la disparation des membres de partis politiques et acteurs de la société civile guinéenne et conduit dans un centre de détention de la capitale. Ses proches affirment qu’il y aurait été détenu pendant plusieurs mois dans des conditions difficiles, évoquant des actes de torture et des menaces de mort des accusations qui n’ont toutefois pas été confirmées officiellement par les autorités.

Toujours selon ces mêmes sources, Mamady Kanté aurait quitté ce centre de détention de manière clandestine après plusieurs mois de détentions, avec la complicité présumée de certains agents. Depuis, sa destination reste inconnue. Dans les milieux politiques proches de l’opposition, Mamady Kanté est présenté comme un militant actif chargé de la mobilisation des sympathisants du RPG lors de manifestations politiques.

Dans un contexte déjà marqué par une forte tension entre pouvoir et opposition, cette affaire pourrait raviver les débats sur le respect des droits des citoyens et la gestion sécuritaire des manifestations en Guinée. Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités sécuritaires n’a été rendue publique concernant les accusations formulées par la famille et les riverains.

Rédaction