Le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique engage une réforme majeure avec le lancement du projet MPS-32. Cette initiative, inscrite dans la vision du programme Simandou 2040 porté par les autorités nationales, vise à moderniser en profondeur le système universitaire guinéen et à améliorer l’insertion professionnelle des diplômés.
Un constat préoccupant
Aujourd’hui, moins d’un tiers des diplômés (30,96 %) trouvent un emploi dans l’année suivant la fin de leurs études. Ce faible taux s’explique notamment par l’inadéquation entre les formations proposées et les besoins du marché, des programmes devenus obsolètes après près de vingt ans sans révision, et un manque de filières orientées vers les secteurs porteurs.
Une réforme d’envergure
Pour répondre à ces défis, le projet MPS-32 prévoit une refonte globale des cursus universitaires. Au total, 201 programmes seront révisés, dont 141 licences et 60 masters, couvrant 18 domaines disciplinaires. Plus de 15 nouvelles filières stratégiques verront également le jour, notamment dans des secteurs clés comme l’intelligence artificielle, les mines, l’agro-industrie, les énergies renouvelables et la santé numérique.
La réforme introduit aussi un cadre national des diplômes, des passerelles entre filières et l’adoption des standards internationaux du système LMD, incluant les crédits ECTS. Elle concerne 48 établissements d’enseignement supérieur, publics et privés.
Miser sur la qualité de l’enseignement
L’amélioration des contenus s’accompagne d’un effort important sur la pédagogie. Plus de 600 enseignants seront formés à l’approche par compétences et aux standards du système LMD, avec l’appui de l’Institut Supérieur des Sciences de l’Éducation de Guinée (ISSEG).
Par ailleurs, des mécanismes d’assurance qualité sont renforcés grâce à des comités scientifiques et au rôle de l’ANAQ, afin de garantir la pertinence et la crédibilité des formations.
Former pour les secteurs d’avenir
Le projet met clairement l’accent sur les besoins économiques du pays. Les nouvelles filières ciblent des domaines stratégiques tels que :le génie minier et la logistique industrielle
l’agro-industrie et la transformation alimentairel’intelligence artificielle et la data sciencela santé numérique et les biotechnologiesles énergies renouvelables
la finance, la banque et l’assurance
Un déploiement rapideLa mise en œuvre du projet s’étend d’avril à août 2026, selon un calendrier structuré : diagnostic, formation des enseignants, intégration des crédits ECTS, puis validation officielle des nouveaux programmes.Une ambition affirmée
À travers cette réforme, les autorités entendent rompre avec un modèle universitaire déconnecté des réalités économiques. L’objectif est désormais de former des diplômés directement opérationnels, capables de répondre aux exigences du marché du travail et de contribuer au développement du pays.
Kerfalla Touré 626 41 92 88




