Le Ministère de l’Industrie et du Commerce (MIC), à travers le Fonds de Développement Industriel et des Petites et Moyennes Entreprises (FDI-PME), a officiellement lancé, ce lundi 8 juin 2026 à Conakry, la première édition de la Semaine du Financement des Entreprises Guinéennes (SFEG 2026).
Présidée par la ministre de l’Industrie et du Commerce, Fatima Camara, cette initiative réunit durant trois jours les acteurs publics et privés, les institutions financières, les partenaires techniques et financiers ainsi que les investisseurs autour d’un objectif commun : améliorer l’accès au financement des entreprises guinéennes et renforcer leur capacité de croissance.

Inscrite dans la vision du programme Simandou 2040, la SFEG se veut un cadre privilégié d’échanges, de concertation et de mise en relation entre entrepreneurs, établissements financiers et partenaires au développement.
À l’ouverture des travaux, la ministre a réaffirmé la détermination du Gouvernement à poursuivre les réformes visant à améliorer le climat des affaires, à consolider les mécanismes de financement des PME et à promouvoir un secteur privé innovant, compétitif et créateur d’emplois.

Du 8 au 10 juin 2026, des panels thématiques, des rencontres B2B, des expositions et des sessions techniques rythmeront cette semaine dédiée au financement, à l’investissement et à l’entrepreneuriat, au service de la transformation économique de la Guinée.
Prenant la parole, Mamadi Djoubaté, Directeur général du Fonds de Développement de l’Industrie et des PME, a dressé un constat préoccupant sur la situation du financement des entreprises :

« Le financement est disponible, avec plusieurs centaines de milliards de francs guinéens au sein des banques, mais 95 % des entrepreneurs n’y ont toujours pas accès. L’offre ne rencontre pas la demande. Notre objectif, durant ces trois jours, est de réunir les deux parties, sous l’accompagnement des services spécialisés et des partenaires techniques, afin d’identifier concrètement les blocages. Nous voulons passer des discussions théoriques à des résultats tangibles. »

De son côté, Bah Aliou, directeur, a insisté sur la nécessité d’une confiance mutuelle entre les banques et les entrepreneurs :

« Notre ambition est que les banques et le monde entrepreneurial se comprennent enfin. Il est impératif que les banques commerciales facilitent l’accès au financement, mais il est tout aussi crucial que les entrepreneurs acceptent de se formaliser. La formalisation ne se limite pas à l’obtention du RCCM ou du NIF ; elle implique une amélioration de la gouvernance et de la structuration des entreprises afin d’inspirer confiance aux institutions financières. Nous agissons ici comme facilitateurs pour concrétiser ces engagements à travers la signature de conventions. »

Pour sa part, Ismaël Nabé, vice-président de la Confédération Générale des Entreprises de Guinée (CGE-GUI), a salué l’initiative et réaffirmé l’engagement du secteur privé :
« Le chef d’entreprise est celui qui prend des risques pour créer de la valeur, des emplois et de la richesse. Or, toute activité économique nécessite un financement. L’entreprise est un partenaire clé de l’État, car c’est à travers la valeur ajoutée qu’elle génère que l’État perçoit ses recettes fiscales. Il est donc essentiel d’intégrer cette réalité au cœur de nos réformes afin de bâtir une économie compétitive. »

Cette première édition de la Semaine du Financement des Entreprises Guinéennes traduit ainsi une volonté commune de transformer durablement l’environnement des affaires en Guinée, en favorisant une synergie concrète entre les besoins des PME et les capacités d’investissement du secteur bancaire.
Kerfalla Touré

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