Conakry, 11 juin 2026 – L’Assemblée générale du Réseau Guinéen des Associations de Personnes Infectées et Affectées par le VIH/SIDA (REGAP+) s’est déroulé dans un climat particulièrement tendu à la veille de l’élection du nouveau bureau exécutif. La vice-présidente du réseau, Mme Somparé Mariame Botchini, accuse le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS) d’interférer dans le processus électoral et dénonce l’exclusion de plusieurs délégués venus de l’intérieur du pays.

Prévue ce vendredi 12 juin au siège du CNLS à Conakry, l’élection devant permettre le renouvellement des instances dirigeantes du REGAP+ suscite déjà de nombreuses contestations. Selon Mme Botchini, plusieurs représentants de structures membres, notamment en provenance de Boké, Koundara, Kamsar, Faranah et Boffa, ont été empêchés d’accéder à la salle où se tiennent les travaux préparatoires de l’Assemblée générale.
« Plusieurs de nos membres venus de l’intérieur du pays sont refoulés à l’entrée alors qu’ils sont membres à part entière du réseau et disposent du droit de vote. Je me demande s’il s’agit réellement d’une Assemblée générale du REGAP+ ou d’une autre rencontre », a-t-elle déclaré devant la presse.
D’après la vice-présidente, l’accès à la salle serait conditionné à la détention d’accréditations préalablement établies, une mesure qu’elle juge contraire à l’esprit inclusif qui doit caractériser une Assemblée générale du réseau.

Au-delà de cette question, Mme Botchini pointe un manque de concertation au sein des organes dirigeants. Elle affirme n’avoir jamais été associée à l’élaboration de la liste des participants et s’interroge sur le rôle joué par le CNLS dans cette procédure.
« Jusqu’à mercredi soir, j’ai demandé à la présidente de me transmettre la liste des participants. Elle m’a répondu que celle-ci avait été établie par le CNLS. Pourtant, le REGAP+ est une organisation indépendante. Le CNLS est un partenaire d’accompagnement et non une structure de direction », a-t-elle soutenu.
La responsable estime que cette situation porte atteinte à l’autonomie du réseau et risque de fragiliser la crédibilité du scrutin à venir.
Par ailleurs, certaines voix au sein du REGAP+ remettent en question la gouvernance actuelle de l’organisation. Des membres évoquent notamment des interrogations relatives à l’éligibilité de l’actuelle directrice exécutive, Hadja Bodjé Bah, qui aurait déjà accompli les deux mandats prévus par les textes du réseau.

Face à ces tensions, la vice-présidente appelle les autorités compétentes ainsi que les partenaires du secteur de la santé à veiller au respect des règles internes du REGAP+ et à garantir la participation de tous les membres habilités.
« Nous demandons que les délégués empêchés d’accéder aux travaux soient rétablis dans leurs droits. Nous voulons des élections transparentes, inclusives et crédibles, dans le respect des textes qui régissent notre organisation », a-t-elle plaidé.
Mme Botchini s’inquiète également de la faible représentativité des régions au sein de l’Assemblée générale. Selon elle, seules quelques régions seraient actuellement représentées, alors que les documents de référence prévoient une participation équilibrée de l’ensemble des structures membres à travers le pays.

À quelques heures du scrutin, ces contestations mettent en lumière les divisions qui traversent le REGAP+ et soulèvent des interrogations sur le déroulement du processus électoral au sein de cette importante organisation de la société civile engagée dans la lutte contre le VIH/SIDA en Guinée.

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